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Cour de cassation, Chambre sociale, 4 février 2009, 07-44.107

Non publié Rejet

Mots-clés droit social

Contrat de travailCDD / intérimRequalificationSalaire / rémunérationTemps de travail

Synthèse

Juridiction
Cour de cassation
Chambre
Chambre sociale
Date
04/02/2009
Numéro d'affaire
07-44.107
Identifiant européen
ECLI:FR:CCASS:2009:SO00216

Résumé

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Toulouse, 27 juin 2007), que Mme X... a été engagée en qualité…

Texte de la décision

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Toulouse, 27 juin 2007), que Mme X... a été engagée en qualité d'employée de maison par l'Association albigeoise d'aide aux personnes (AAAP), association agréée dont l'activité est le service aux personnes ; que la salariée a saisi la juridiction prud'homale d'une demande de requalification de la relation de travail en contrat de travail à durée indéterminée à temps plein et de diverses demandes afférentes ; Sur le premier moyen : Attendu que l'AAAP fait grief à l'arrêt d'avoir requalifié la relation de travail entre elle et la salariée en un contrat à durée indéterminée, alors selon le moyen : 1°/ que les contrats précaires conclus par les associations de services à la personne en vue de mettre un salarié à la disposition d'une personne physique ne sont pas soumis au régime du contrat de travail à durée déterminée ; qu'en conséquence, le non-respect du formalisme propre à ce type de contrat n'entraîne pas la requalification en contrat à durée indéterminée ; qu'en l'espèce, l'Association albigeoise d'aide à la personne, association agréée de services à la personne, avait engagé Mme X... afin de la mettre à la disposition de personnes utilisatrices ; que la cour d'appel a considéré que, du fait de l'absence de conclusion d'un contrat écrit pour chaque mise à disposition effective, cette relation entre l'Association et la salariée devait être présumée s'analyser en un contrat à durée indéterminée ; qu'ainsi, la cour d'appel a violé les articles L. 121-1, L. 122-3-1, L. 129-1-I, 2° du code du travail ; 2°/ qu'en tout état de cause, le défaut de production aux débats d'autant de contrats à durée déterminée que de mises à disposition auprès de personnes utilisatrices ne suffit pas à entraîner la requalification en contrat à durée indéterminée si la mise à disposition à laquelle le ou les contrats produits correspondent porte sur la totalité de la période litigieuse ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté la production de trois contrats à durée déterminée conclus respectivement les 30 octobre 2000, 9 et 10 avril 2001 et ayant pour objet la mise à disposition de Mme X... auprès d'utilisateurs pour la durée des besoins de ceux-ci ; que la cour d'appel a opéré la requalification en contrat à durée indéterminée au prétexte que Mme X... avait travaillé chez d'autres particuliers sans signature d'autres contrats ; qu'en ne recherchant pas si les contrats conclus avaient été rompus avant la fin de la période litigieuse, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 121-1, L. 122-3-1, L. 129-1-I, 2° du code du travail ; 3°/ qu'alors que l'embauche de travailleurs par une association de services à la personne agréée pour les mettre à la disposition d'utilisateurs relève de la liste des emplois pour lesquels il est d'usage de ne pas recourir au contrat à durée indéterminée ; que les recrutements effectués par ce type d'associations en tant qu'employeur direct peuvent ainsi être opérés par le jeu de contrats de travail à durée déterminée quel que soit le nombre de mises à disposition ; que la cour d'appel a affirmé que le contrat à durée déterminée signé lors de l'embauche ne correspondait pas à la véritable activité de Mme X... laquelle aurait été liée à l'AAAP par une convention de travail unique selon laquelle l'AAAP devait lui fournir des missions de prestations de services auprès de particuliers et dont la durée était indépendante des besoins de ces derniers ; qu'en déduisant ainsi l'existence d'un contrat à durée indéterminée du simple constat d‘une série de mises à disposition entre 2000 et 2004, la cour a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 122-1 et suivants, L. 129-1-I, 2°, D. 121-2 du code du travail ; 4°/ qu'en tout état de cause, tenu de motiver sa décision, le juge du fond ne peut procéder par voie de simple affirmation sans préciser l'origine de ses constatations ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a affirmé que Mme X... était liée à l'AAAP par une convention de travail unique selon laquelle l'Association employeur devait fournir à la salariée des missions de prestations de service auprès de particuliers et dont la durée était indépendante des besoins de ces particuliers ; qu'en ne visant ni analysant les pièces d'où elle a tiré une telle "constatation", la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile ; Mais attendu que le recours au contrat de travail à durée déterminée d'usage par une association de service aux personnes en application des articles L. 129-2, alinéa 1, 2° devenu L. 7232-6, 2° du code du travail et D. 121-2 devenu D. 1242.1 du code du travail ne la dispense pas d'établir un contrat écrit comportant la définition précise de son motif, conformément à l'article L. 122-3-1, alinéas 1 à 10 devenu l'article L. 1242-12 du code du travail ; Et attendu qu'ayant constaté l'absence de contrat de travail écrit, les trois seuls contrats de travail à durée déterminée signés par les parties ne correspondant pas à la véritable activité de la salariée de l'association de services aux personnes durant la période litigieuse, la cour d ‘appel a, sans encourir les griefs du moyen, légalement justifié sa décision ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; Sur le second moyen : Attendu que l'employeur fait grief à l'arrêt d'avoir dit que Mme X... avait travaillé pour son compte à temps complet et de l'avoir condamné à verser une provision sur le rappel de salaire, alors, selon le moyen : 1°/ que les associations de services à la personne concluant des contrats précaires à temps partiel en vue de mettre un salarié à la disposition d'une personne physique ne sont pas soumises aux exigences de forme de l'article L. 212-4-3 du code du travail ; qu'en jugeant que l'AAAP devait respecter l'obligation d'établir un écrit, d'y indiquer la qualification du salarié, les éléments de sa rémunération ainsi que la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail garantie, la cour d'appel a violé les articles L. 129-1-I, 2° et L. 212-4-3 du code du travail ; 2°/ qu'en tout état de cause, les associations de services à la personne ne sont pas tenues de préciser dans un contrat de travail écrit la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine et les semaines du mois ; qu'en conséquence, à défaut d'écrit, l'employeur, afin de combattre la présomption de temps plein jouant contre lui, n'a pas à établir que le salarié n'était pas dans l'obligation de se tenir constamment à sa disposition et qu'il pouvait prévoir à quel rythme il devait travailler ; qu'il doit seulement établir la durée du travail réellement effectuée ; qu'en exigeant de l'AAAP la preuve que Mme X... n'était pas dans l'obligation de se tenir constamment à sa disposition et qu'elle pouvait prévoir son rythme de travail mensuel, la cour d'appel a violé les articles 1315 du code civil, L. 129-1-I, 2° et L. 212-4-3 du code du travail ; 3°/ que de même, il appartient au salarié, s'il estime que les conditions de communication de ses horaires sont insatisfaisantes, de prouver qu'il est obligé de se tenir en permanence à la disposition de l'employeur et de faire reconnaître que son contrat est en fait à temps plein ; qu'en reprochant à l'AAAP de ne pas prouver la pratique de délais de prévenance lors de la proposition de nouvelles missions à la salariée, la cour d'appel a de nouveau violé les articles 1315 du code civil, L. 129-1-I,2° et L. 212-4-3 du code du travail ; 4°/ que sont considérés comme salariés à temps partiel les salariés dont la durée du travail est inférieure à la durée annuelle résultant de l'application, sur cette période, de la durée légale du travail ; que la durée légale annuelle de travail est de 1 607 heures ; que la cour d'appel a constaté que Mme X... avait travaillé, entre 297 heures au minimum en 2004 et 770 heures au maximum en 2001 ; qu'en décidant cependant que la preuve du temps partiel n'était pas fournie les autres activités de Mme X... n'étant qu'accessoires, la cour d'appel n'a pas tiré de ses constatations les conséquences légales s'en évinçant et a violé les articles L. 140-1, L. 212-4-2 et L. 212-4-3 du code du travail ; Mais attendu d'abord, qu'il résulte de l'article L. 212-4-3 du code du travail dans sa rédaction alors applicable, que si le contrat de travail à temps partiel des salariés d'associations d'aide à domicile peut ne pas mentionner la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois, il doit néanmoins mentionner la durée hebdomadaire ou le cas échéant mensuelle de travail garantie au salarié ; Et attendu ensuite, que la cour d'appel a relevé d'une part qu'en l'absence de contrat écrit, la salariée ignorait la durée minimale de travail garantie par l'employeur, de sorte qu'elle ne pouvait prévoir son rythme de travail mensuel qui évoluait en fonction des besoins et demandes des particuliers et d'autre part qu'elle était obligée de se tenir constamment à la disposition de son employeur en étant tenue d'accepter les missions qui lui étaient confiées, sans délai préétabli, aucun délai de prévenance n'ayant été mis en place dans l'entreprise ; qu'elle en a justement déduit que la salariée travaillait à temps complet ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne l'Association albigeoise d'aide aux personnes aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, condamne l'Association albigeoise d'aide aux personnes à payer à Mme X... la somme de 2 500 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du quatre février deux mille neuf.

MOYENS ANNEXES au présent arrêt.

Moyens produits par la SCP Gatineau et Fattaccini, avocat aux Conseils pour l'Association albigeoise d'aide aux personnes.

PREMIER MOYEN DE CASSATION Il est fait grief à l'arrêt attaqué d'AVOIR requalifié la relation de travail entre l'AAAP et madame X... en un contrat à durée indéterminée à compter du 6 novembre 2000 ; AUX MOTIFS PROPRES QUE « le statut spécial institué par les articles L. 200-1 et L. 772-1 et suivants du Code du travail pour les employés de maison, qui ne concerne que ceux qui sont directement salariés par des particuliers, n'est pas applicable aux personnes qui sont embauchées par une association et mises à disposition de particuliers par celle-ci ; dès lors, conformément à l'article L. 122-3-1 du Code du travail, le contrat de travail à durée déterminée doit être établi par écrit, comporter la définition précise de son motif et diverses mentions énumérées par cette disposition, sous peine d'être réputé conclu pour une durée indéterminée ; il en est ainsi même si l'article D. 121-2 du Code du travail, qui fait référence à l'article L. 129-1 du Code du travail relatif aux services à la personne, autorise la conclusion de contrats à durée déterminée dans ce secteur d'activité ; en l'espèce, les parties produisent un contrat de travail à durée déterminée, signé par les parties et daté du 30 octobre 2000, prenant effet le 6 novembre 2000, ayant pour objet la mise à disposition de Marie-Thérèse X... auprès des époux Y..., pour la durée des besoins de ces personnes ; elles fournissent également deux contrats similaires signés en avril 2001 pour la mise à disposition d'autres personnes ainsi qu'un avenant au contrat de travail signé par la salariée le 21 décembre 2004 par lequel les parties ont convenu d'une durée de travail mensuelle de 34 heures à compter du 1er juillet 2004 ; les fiches mensuelles d'activité établissent que le salarié a travaillé dès l'origine chez d'autres particuliers sans signature de ce contrat ; le seul contrat signé lors de l'embauche ne correspond pas à la véritable activité de la salariée, liée à l'AAAP par une convention de travail selon laquelle l'association employeur doit fournir à la salariée des missions de prestations de services auprès d…