Cour d'appel d'Aix-en-Provence
Chambre 4-6Arrêt du 23 septembre 2026RG n° 23/03368
Résultat
Résumé automatiqueLa cour annule le jugement entrepris. Évoquant.
La cour déboute Mme [L] [E] de l'ensemble de ses demandes.
La cour déclare recevable la saisine du conseil de prud'hommes.
Montants retenus
- Somme allouée2 000 €De : mme [l] [e]À : la sas [1]
Dates essentielles
- Saisine prud'homale
- Jugement prud'homal
- Appel formé
- Arrêt rendu
Toutes les étapes (8)
- Prise d'acte
- Conclusions notifiées
- Conclusions notifiées
- Clôture d'appel
Détails et sources
Annule le jugement entrepris. Évoquant
Lire ce passageDéboute Mme [L] [E] de l'ensemble de ses demandes
Lire ce passageDéclare recevable la saisine du conseil de prud'hommes
Lire ce passage- Montants
Condamne Mme [L] [E] à payer à la SAS [1] la somme de 2'000'€ au titre des frais irrépétibles de première instance et d'appel.
Lire ce passage - Autres dispositions
Déboute Mme [L] [E] de l'ensemble de ses demandes.
Lire ce passage - Autres dispositions
Condamne Mme [L] [E] aux dépens de première instance et d'appel. LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
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[2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original':
Lire ce passage - Dates
[4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement rendu le 2'février'2023, a':
Lire ce passage - Dates
[6] Cette décision a été notifiée le 3 février 2023 à la SAS [1] qui en a interjeté appel suivant déclaration du 2 mars 2023. L'instruction a été clôturée par ordonnance du 6 mai 2026.
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[7] Vu les dernières conclusions déposées et notifiées le 26 mai 2023 aux termes desquelles la SAS [1] demande à la cour de':
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[8] Vu les dernières conclusions déposées et notifiées le 22 août 2023 aux termes desquelles Mme [L] [E] demande à la cour de':
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Document officiel
Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
Chambre 4-6
ARRÊT AU FOND
DU 23 SEPTEMBRE 2026
N° 2026/351
N° RG 23/03368
N° Portalis DBVB-V-B7H-BK434
S.A.S. [1]
C/
[L] [E]
Copie exécutoire délivrée
le : 23/09/2026
à :
- Me Elie MUSACCHIA, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE
- Me Laure ATIAS, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE
Décision déférée à la Cour :
Jugement du Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de DRAGUIGNAN en date du 02 Février 2023 enregistré au répertoire général sous le n° F 20/00192.
APPELANTE
S.A.S. [1], sise [Adresse 1]
représentée par Me Elie MUSACCHIA, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE
et par Me Manon FILIPPI, avocat au barreau de MARSEILLE,
INTIMEE
Madame [L] [E], demeurant [Adresse 2]
représentée par Me Jérôme BRUNET-DEBAINES, avocat au barreau de DRAGUIGNAN,
et par Me Laure ATIAS, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE
*-*-*-*-*
COMPOSITION DE LA COUR
L'affaire a été débattue le 30 Juin 2026, en audience publique, les avocats ne s'y étant pas opposés, devant Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre, chargé du rapport.
Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :
Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre
Madame Ursula BOURDON-PICQUOIN, Conseillère
Madame Audrey BOITAUD, Conseillère
Greffier lors des débats : Mme Pascale ROCK.
Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 23 Septembre 2026.
ARRÊT
Contradictoire,
Prononcé par mise à disposition au greffe le 23 Septembre 2026
Signé par Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre et Mme Pascale ROCK, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
***
EXPOSÉ DU LITIGE
[1] La SAS [1], exerçant sous l'enseigne [2], a embauché Mme [L] [E] en qualité de monteur vendeur en optique suivant contrat de travail à durée indéterminée à effet au 2'décembre 2019. Les relations contractuelles des parties sont régies par les dispositions de la convention collective nationale de l'optique.
[2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original':
«'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail.
Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en Rar. Je vous informe de nouveau des faits suivants qui sont':
''Les heures travaillées non déclarées et non rémunérées, soit environ 25'h pendant le confinement et en chômage partiel. Ainsi que mes déplacements pour aller au travail avec une perte sur mon salaire qui est normalement de 1'345'€ nets. Pour le mois de mars j'ai touché 1'245'€ nets. Pour le mois d'avril 1'198'€ nets.
''Vous m'avez faite venir plusieurs fois des journées 6 à 7'h. Mais également pour 2 à 3'h. Je vous rappelle que j'ai pratiquement 2'h de route aller-retour.
''Je vous demandais lors du début de la crise du covid 19, s'il ne fallait que soit en maladie et non au chômage partiel, dû à mes enfants qui n'étaient pas scolarisés et de mon fils handicapé qui n'était pas en structure de soins pendant la crise du covid 19. La prise en charge de mon salaire aurait été différente.
Dans les faits où vous m'avez demandé de venir j'ai dû m'organiser pour mes enfants. Vous m'avez mis moi et ma famille dans une situation délicate. Je n'étais pas rassurée ayant moi-même la reconnaissance travailleur handicapé pour des problèmes aux poumons. Pour finir la dernière foi que je suis venue je n'ai pas apprécié du tout la réaction qui a été exprimé «'on ne t'a pas vu pendant ces deux mois'». Alors que j'en ai la preuve écrite et formelle que je me suis rendue dans l'entreprise. Vous avez mis en cause mon professionnalisme alors que j'ai toujours fait mon travail correctement. La façon dont vous avez agi m'a profondément impactée. Je reviens sur le fait que ma décision de rompre nos relations de travail a été décidé de par ces faits, qui ne m'ont pas rassurée pour la suite de notre collaboration. La responsabilité incombe entièrement à SAS [1] me contraignent à vous notifier la présente prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Cette rupture est entièrement imputable à SAS [1] puisque les faits précités constituent un grave manquement aux obligations [contractuelles / conventionnelles] de l'entreprise SAS [1]. Cette rupture prendra effet à la date de la première présentation du présent recommandé avec AR. L'effet de la rupture sera immédiat et sera suivi d'une assignation de SAS [1] devant le conseil de prud'hommes afin d'obtenir le respect de mes droits et la réparation financière du préjudice subi. Je vous demanderai de bien vouloir me transmettre par courrier un reçu pour solde de tout compte,
un certificat de travail ainsi qu'une attestation Pôle Emploi. Merci de ne plus me contacter, mon avocat prendra contact directement avec vous.'»
[3] L'employeur devait pourtant licencier la salariée par lettre du 30 juin 2020 ainsi rédigée':
«'À la suite de la pandémie du Covid 19, et aux différents décrets et mesures prisent par le gouvernement, nous avons été obligés de fermer notre établissement durant la période de confinement, et ce en conformité avec les lois en vigueur. Nous vous avons mise au chômage partiel afin de maintenir le versement de votre salaire. Le 11 mai 2020 le déconfinement a été prononcé et nous avons rouvert l'entreprise. Or vous ne vous êtes pas présenté à votre poste malgré que votre présence fût souhaitable afin de permettre la bonne marche et la bonne reprise de notre activité. Le 20 mai, vous avez émis, par courrier, le souhait d'une rupture conventionnelle de votre contrat, ce que nous n'avons pas accepté':
''d'une part parce que votre poste est nécessaire et que nous souhaitions continuer notre collaboration,
''d'autre part, compte tenu de votre entrée récente dans l'entreprise, nous ne pouvons satisfaire à cette demande.
Suite à notre courrier donc de refus, nous n'avons plus eu de nouvelle de votre part, et avons sollicité une justification de votre absence en vain. Nous vous avons convoqué à un entretien préalable, en application de l'article L. 1232-2 du code du travail, en date du 29 juin 2020, afin d'entendre vos justifications sur vos absences et votre attitude à l'encontre de la société et clarifier ainsi la situation. Vous ne vous êtes pas présenté à cet entretien préalable qui pourtant aurait permis une discussion claire et constructives et ainsi clarifier les faits qui vous sont reprochés. De tel agissement entraînant des dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous sommes dans l'obligation de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'»
[4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement rendu le 2'février'2023, a':
condamné l'employeur à verser à la salariée les sommes suivantes':
3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse';
1'300'€ bruts à titre d'indemnité compensatrice de préavis':
'''300'€ au titre de l'indemnité de licenciement';
'''130'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés';
2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral';
1'500'€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile';
débouté la salariée du surplus de ses demandes';
débouté l'employeur de sa demande reconventionnelle';
condamné l'employeur aux entiers dépens.
[5] Le jugement était ainsi motivé':
«'Sur l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse
L'article L. 1235-3 du code du travail prévoit que l'indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse ne peut être inférieure aux salaires bruts des 6 derniers mois pour le salarié ayant au moins 2'ans d'ancienneté et travaillant dans une entreprise ayant un effectif d'au moins 11'salariés. Le licenciement sans cause et sérieuse est aussi appelé «'licenciement abusif'» ou «'licenciement injustifié'». Il s'agit d'un licenciement dont le motif n'est pas valable. Les motifs de licenciement sont pour la majorité prévus par le code du travail, et l'employeur doit les mentionner précisément dans la lettre de licenciement. Tout salarié peut contester un licenciement qu'il estime abusif devant le conseil de prud'hommes. Si les juges reconnaissent que l'employeur ne peut pas justifier la rupture du contrat de travail par un motif de licenciement valable, ils jugeront le licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Au vu des éléments apportés par la demanderesse, le conseil confirme que le licenciement est sans cause réelle et sérieuse. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 3'900'€ au titre des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Sur indemnité compensatrice de préavis
L'employeur doit verser une indemnité compensatrice de préavis lorsqu'il a de lui-même décidé de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Cette indemnisation intervient dans les cas de rupture de contrat de travail où un préavis est prévu (licenciement, démission'). L'indemnité compensatrice de préavis remplace le salaire qui aurait dû être perçu par le salarié s'il avait travaillé pendant cette période.
En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 1'300'€ au titre de l'indemnité compensatrice de préavis.
Sur l'indemnité de licenciement légal
L'indemnité de licenciement est accordée, sous certaines conditions, au salarié en CDI pour compenser la perte de son emploi. Elle peut être d'origine :[Y], c'est-à-dire prévue par le code du travail'; Conventionnelle, c'est-à-dire prévue par un accord collectif. Convention collective, accord collectif, accord de branche, d'entreprise ou d'établissement applicables en droit du travail. Elles fixent les obligations et les droits de l'employeur et du salarié. Contractuelle, c'est-à-dire prévue par le contrat de travail. Cette indemnité est versée par l'employeur.
En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 300'€ au titre de l'indemnité de licenciement.
Sur l'indemnité compensatrice de congés payés
Lorsque le salarié n'a pas pu bénéficier de la totalité des congés payés auxquels il avait droit à la rupture du contrat de travail, il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés. Cette indemnité est due que l'origine de la rupture du contrat soit à l'initiative de l'employeur ou à celle du salarié.
En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 130'€ au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés.
Sur le préjudice moral
Le préjudice moral porte atteinte à l'affection, à l'honneur, à la réputation de la victime. La réparation du préjudice moral se fait au moyen d'une indemnisation appelée dommages et intérêts. Comme pour tout préjudice, la victime doit prouver une faute, un préjudice et un lien de causalité entre les deux. Elle doit en outre prouver que le préjudice est réel, direct (il la concerne personnellement), certain (même futur, mais en tous les cas non hypothétique).
Au vu des éléments apportés par la demanderesse le conseil juge que le préjudice moral de Mme [E] est justifié. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 2'500'€ au titre des dommages et intérêts pour préjudice moral.'»
[6] Cette décision a été notifiée le 3 février 2023 à la SAS [1] qui en a interjeté appel suivant déclaration du 2 mars 2023. L'instruction a été clôturée par ordonnance du 6 mai 2026.
[7] Vu les dernières conclusions déposées et notifiées le 26 mai 2023 aux termes desquelles la SAS [1] demande à la cour de':
à titre principal,
réparer l'omission de statuer des premiers juges en ce qu'il n'a pas été statué sur le moyen tiré de l'irrecevabilité de la saisine par la salariée de la juridiction prud'homale';
dire que le licenciement pour faute grave notifié le 30 juin 2020 après notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail par la salariée le 29 mai 2020 est sans effet';
dire que la rupture du contrat de travail repose sur la notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail aux torts exclusifs de l'employeur intervenue le 29 juin 2020, rupture avec effet immédiat';
dire que la salariée ne peut contester le licenciement pour faute grave dont elle a fait l'objet';
prononcer l'irrecevabilité de la saisine du conseil de prud'hommes par la salariée aux fins de contester son licenciement pour faute grave';
déclarer la salariée irrecevable en son action';
débouter la salariée de l'ensemble de ses demandes';
à titre subsidiaire,
dire que le jugement entrepris est dépourvu de toute motivation quant à l'appréciation du caractère fondé ou non du licenciement';
dire que dans le dispositif de son jugement le conseil de prud'hommes s'est contenté d'allouer à la salariée des indemnités sans même statuer sur le bien-fondé du licenciement';
prononcer la nullité du jugement entrepris';
à titre plus subsidiaire,
infirmer le jugement entrepris en ce qu'il a considéré que le licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse et en ce qu'il l'a condamnée à verser à la salariée les sommes suivantes':
indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse': 3'900'€';
indemnité compensatrice de préavis': 1'300'€';
indemnité compensatrice de congés payés': 130'€';
indemnité de licenciement': 300'€';
indemnité pour préjudice moral': 2'500'€';
article 700 du code de procédure civile': 1'500'€';
dire que le licenciement pour faute grave est parfaitement justifié';
dire que la salariée n'a pas subi de préjudice moral';
débouter la salariée de l'ensemble de ses demandes';
en tout état de cause,
condamner la salariée à verser la somme de 5'000'€ au titre des frais irrépétibles';
condamner la salariée aux entiers dépens.
[8] Vu les dernières conclusions déposées et notifiées le 22 août 2023 aux termes desquelles Mme [L] [E] demande à la cour de':
débouter l'employeur de son appel';
confirmer le jugement entrepris en ce qu'il retient l'existence d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et condamne l'employeur à lui verser les sommes suivantes':
3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour le licenciement sans cause réelle et sérieuse';
1'300'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de préavis';
'''300'€ au titre de l'indemnité de licenciement';
'''130'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés';
2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour le préjudice moral';
1'500'€ sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile';
condamner l'employeur au paiement d'une indemnité de 3'000'€ au titre des frais irrépétibles exposés devant la cour.
MOTIFS DE LA DÉCISION
1/ Sur la recevabilité de la saisine du conseil de prud'hommes
[9] L'employeur demande à la cour de prononcer l'irrecevabilité de la saisine du conseil de prud'hommes par la salariée aux fins de contester son licenciement pour faute grave'dès lors que ce dernier a été notifié le 30 juin 2020 postérieurement à la notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail par la salariée le 29 mai 2020 et qu'il se trouve en conséquence privé d'effet, la rupture du contrat de travail ne reposant que sur la notification de la prise d'acte intervenue le 29'juin 2020.
[10] La salariée répond que l'employeur n'avait pas reçu la prise d'acte lorsqu'il lui a notifié son licenciement et que dès lors c'est bien ce dernier qui a rompu le contrat de travail.
[11] La cour retient que la prise d'acte de la rupture par la salariée en raison de faits qu'elle reproche à son employeur entraîne la cessation immédiate du contrat de travail, qu'il s'ensuit qu'elle ne peut être rétractée et que le licenciement pour inaptitude, notifié postérieurement, est non avenu (Soc., 21 novembre 2012, 10-26.611). En l'espèce, l'employeur rapporte la preuve qu'il a bien reçu la lettre recommandée de prise d'acte et que cette dernière a été expédiée le 29 mai 2020 à 13h40, alors que la lettre de licenciement a été expédiée un mois plus tard, soit le 30 juin 2020. Dès lors le licenciement est non avenu. Mais la saisine du conseil de prud'hommes n'apparaît pas pour autant irrecevable.
2/ Sur la nullité du jugement
[12] Le jugement qui procède par affirmation, sans aucune référence aux éléments de faits de l'espèce, et même par «'confirmation'» pour établir l'absence de cause réelle et sérieuse, n'est pas motivé au sens de l'article 455 du code de procédure civile, il sera dès lors annulé et l'affaire jugée sous le régime de l'évocation.
3/ Sur les demandes présentées par la salariée
[13] Si la contestation de la faute grave ayant fondé le licenciement n'est pas irrecevable, elle apparaît dénuée de portée dès lors que le licenciement se trouve non avenu. La salariée sera déboutée de ses demandes visant à obtenir réparation des conséquences d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, faute de soutenir et d'établir le bien fondé de sa prise d'acte de la rupture du contrat de travail en raison de manquements de l'employeur s'opposant par leur gravité à la poursuite des relations contractuelles. En effet, la prise d'acte de la rupture du contrat de travail ne produit dès lors pas les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse mais d'une démission. Il sera encore relevé que la salariée ne s'explique nullement sur la cause et la consistance du préjudice moral dont elle réclame réparation. Elle sera en conséquence déboutée aussi de ce chef de demande.
4/ Sur les autres demandes
[14] Il convient d'allouer à l'employeur la somme de 2'000'€ au titre des frais irrépétibles de première instance et d'appel par application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. La salariée supportera la charge des dépens d'appel.
PAR CES MOTIFS
LA COUR,
Déclare recevable la saisine du conseil de prud'hommes.
Annule le jugement entrepris.
Évoquant,
Déboute Mme [L] [E] de l'ensemble de ses demandes.
Condamne Mme [L] [E] à payer à la SAS [1] la somme de 2'000'€ au titre des frais irrépétibles de première instance et d'appel.
Condamne Mme [L] [E] aux dépens de première instance et d'appel.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Consulter la décision sur le site officiel ↗Source mise à jour le 8 octobre 2026
Références
Éléments reliés à la décision
Articles, conventions et thèmes
Articles et conventions cités
4 références disponibles
- OptiqueConvention collective citéeSource officielle ↗
Passage cité
… IS, Président de chambre et Mme Pascale ROCK, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. *** EXPOSÉ DU LITIGE [1] La SAS [1], exerçant sous l'enseigne [2], a embauché Mme [L] [E] en qualité de monteur vendeur en optique suivant contrat de travail à durée indéterminée à effet au 2'décembre 2019. Les relations contractuelles des parties sont régies par les dispositions de la convention collective nationale de l'optique. [2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en Rar. Je vous informe de nouveau des faits suivants qui sont': …
- Accord collectif, accord de branche, d'entreprise ou d'établissement applicables en droit du travailConvention collective citéeSource officielle ↗
Passage cité
… [1] à verser la somme de 1'300'€ au titre de l'indemnité compensatrice de préavis. Sur l'indemnité de licenciement légal L'indemnité de licenciement est accordée, sous certaines conditions, au salarié en CDI pour compenser la perte de son emploi. Elle peut être d'origine :[Y], c'est-à-dire prévue par le code du travail'; Conventionnelle, c'est-à-dire prévue par un accord collectif. Convention collective, accord collectif, accord de branche, d'entreprise ou d'établissement applicables en droit du travail. Elles fixent les obligations et les droits de l'employeur et du salarié. Contractuelle, c'est-à-dire prévue par le contrat de travail. Cette indemnité est versée par l'employeur. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 300'€ au titre de l'indemnité de licenciement. Sur l'indemnité compensatrice de congés payés Lorsque le salarié n'a pas pu bénéficier …
- L. 1232-2Code du travailSource officielle ↗
Passage cité
… 'd'une part parce que votre poste est nécessaire et que nous souhaitions continuer notre collaboration, ''d'autre part, compte tenu de votre entrée récente dans l'entreprise, nous ne pouvons satisfaire à cette demande. Suite à notre courrier donc de refus, nous n'avons plus eu de nouvelle de votre part, et avons sollicité une justification de votre absence en vain. Nous vous avons convoqué à un entretien préalable, en application de l'article L. 1232-2 du code du travail, en date du 29 juin 2020, afin d'entendre vos justifications sur vos absences et votre attitude à l'encontre de la société et clarifier ainsi la situation. Vous ne vous êtes pas présenté à cet entretien préalable qui pourtant aurait permis une discussion claire et constructives et ainsi clarifier les faits qui vous sont reprochés. De tel agissement entraînant des dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous som …
- L. 1235-3Code du travailSource officielle ↗
Passage cité
… titre de l'indemnité compensatrice de congés payés'; 2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral'; 1'500'€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile'; débouté la salariée du surplus de ses demandes'; débouté l'employeur de sa demande reconventionnelle'; condamné l'employeur aux entiers dépens. [5] Le jugement était ainsi motivé': «'Sur l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse L'article L. 1235-3 du code du travail prévoit que l'indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse ne peut être inférieure aux salaires bruts des 6 derniers mois pour le salarié ayant au moins 2'ans d'ancienneté et travaillant dans une entreprise ayant un effectif d'au moins 11'salariés. Le licenciement sans cause et sérieuse est aussi appelé «'licenciement abusif'» ou «'licenciement injustifié'». Il s'agit d'un licenciement dont le motif n'est pa …
Thèmes et contexte
Ces repères décrivent les sujets abordés. Une demande ou un argument ne préjuge pas de la solution.
Demandes et arguments
- Licenciement
Voir le contexte
és. De tel agissement entraînant des dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous sommes dans l'obligation de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a
es dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous sommes dans l'obligation de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le cons
t prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement rendu le 2'février'2023, a': condamné l'employeur à verser à la salariée les sommes suivantes': 3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et
- Cause réelle et sérieuse
Voir le contexte
conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement rendu le 2'février'2023, a': condamné l'employeur à verser à la salariée les sommes suivantes': 3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse'; 1'300'€ bruts à titre d'indemnité compensatrice de préavis': '''300'€ au titre de l'indemnité de licenciement'; '''130'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés'; 2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral'; 1'500'€ au titre de l'article 700 du code de p
civile'; débouté la salariée du surplus de ses demandes'; débouté l'employeur de sa demande reconventionnelle'; condamné l'employeur aux entiers dépens. [5] Le jugement était ainsi motivé': «'Sur l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse L'article L. 1235-3 du code du travail prévoit que l'indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse ne peut être inférieure aux salaires bruts des 6 derniers mois pour le salarié ayant au moins 2'ans d'ancienneté et travaillant dans une entreprise ayant un effectif d'au moins 11'salariés.
le'; condamné l'employeur aux entiers dépens. [5] Le jugement était ainsi motivé': «'Sur l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse L'article L. 1235-3 du code du travail prévoit que l'indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse ne peut être inférieure aux salaires bruts des 6 derniers mois pour le salarié ayant au moins 2'ans d'ancienneté et travaillant dans une entreprise ayant un effectif d'au moins 11'salariés. Le licenciement sans cause et sérieuse est aussi appelé «'licenciement abusif'» ou «'licenciement injustifié'
- Préavis / indemnités de rupture
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de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement re
ndu le 2'février'2023, a': condamné l'employeur à verser à la salariée les sommes suivantes': 3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse'; 1'300'€ bruts à titre d'indemnité compensatrice de préavis': '''300'€ au titre de l'indemnité de licenciement'; '''130'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés'; 2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral'; 1'500'€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile'; débouté la salariée du surplus de ses dema
enciement est sans cause réelle et sérieuse. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 3'900'€ au titre des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Sur indemnité compensatrice de préavis L'employeur doit verser une indemnité compensatrice de préavis lorsqu'il a de lui-même décidé de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Cette indemnisation intervient dans les cas de rupture de contrat de travail où un préavis est prévu (licenciement, démission'). L'indemnité compensatrice d
- Rupture conventionnelle
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torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en Rar. Je vous informe de nouveau des faits suivants qui sont': ''Les heures travaillées non déclarées et non rémunérées, soit environ 25'h pendant le confinement et en chômage partiel. Ainsi que mes déplacements pour aller au travail avec une perte sur mon salaire qui
vert l'entreprise. Or vous ne vous êtes pas présenté à votre poste malgré que votre présence fût souhaitable afin de permettre la bonne marche et la bonne reprise de notre activité. Le 20 mai, vous avez émis, par courrier, le souhait d'une rupture conventionnelle de votre contrat, ce que nous n'avons pas accepté': ''d'une part parce que votre poste est nécessaire et que nous souhaitions continuer notre collaboration, ''d'autre part, compte tenu de votre entrée récente dans l'entreprise, nous ne pouvons satisfaire à cette demande. Suite à notre courrier d
- Démission
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erser une indemnité compensatrice de préavis lorsqu'il a de lui-même décidé de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Cette indemnisation intervient dans les cas de rupture de contrat de travail où un préavis est prévu (licenciement, démission'). L'indemnité compensatrice de préavis remplace le salaire qui aurait dû être perçu par le salarié s'il avait travaillé pendant cette période. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 1'300'€ au titre de l'indemnité compensatrice de préavis. Sur l'indemnité de lice
'employeur s'opposant par leur gravité à la poursuite des relations contractuelles. En effet, la prise d'acte de la rupture du contrat de travail ne produit dès lors pas les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse mais d'une démission. Il sera encore relevé que la salariée ne s'explique nullement sur la cause et la consistance du préjudice moral dont elle réclame réparation. Elle sera en conséquence déboutée aussi de ce chef de demande. 4/ Sur les autres demandes [14] Il convient d'allouer à l'employeur la somme de 2'000'€
erser une indemnité compensatrice de préavis lorsqu'il a de lui-même décidé de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Cette indemnisation intervient dans les cas de rupture de contrat de travail où un préavis est prévu (licenciement, démission'). L'indemnité compensatrice de préavis remplace le salaire qui aurait dû être perçu par le salarié s'il avait travaillé pendant cette période. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 1'300'€ au titre de l'indemnité compensatrice de préavis. Sur l'indemnité de lice
- Prise d'acte
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le de l'optique. [2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en Rar. Je vous informe de nouveau des faits suivants qui sont': ''Les heures travaillées non déclarées et non rémunérées, soit environ 25'h pendant le confinement et en ch
t que ma décision de rompre nos relations de travail a été décidé de par ces faits, qui ne m'ont pas rassurée pour la suite de notre collaboration. La responsabilité incombe entièrement à SAS [1] me contraignent à vous notifier la présente prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Cette rupture est entièrement imputable à SAS [1] puisque les faits précités constituent un grave manquement aux obligations [contractuelles / conventionnelles] de l'entreprise SAS [1]. Cette rupture prendra effet à la date de la première présentation du pré
s premiers juges en ce qu'il n'a pas été statué sur le moyen tiré de l'irrecevabilité de la saisine par la salariée de la juridiction prud'homale'; dire que le licenciement pour faute grave notifié le 30 juin 2020 après notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail par la salariée le 29 mai 2020 est sans effet'; dire que la rupture du contrat de travail repose sur la notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail aux torts exclusifs de l'employeur intervenue le 29 juin 2020, rupture avec effet immédiat'; di
- Contrat de travail
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ROCK, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. *** EXPOSÉ DU LITIGE [1] La SAS [1], exerçant sous l'enseigne [2], a embauché Mme [L] [E] en qualité de monteur vendeur en optique suivant contrat de travail à durée indéterminée à effet au 2'décembre 2019. Les relations contractuelles des parties sont régies par les dispositions de la convention collective nationale de l'optique. [2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre r
ntrat de travail à durée indéterminée à effet au 2'décembre 2019. Les relations contractuelles des parties sont régies par les dispositions de la convention collective nationale de l'optique. [2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en R
e a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail. Suite au refus de ma demande de rupture conventionnelle par courrier le 20 mai 2020 en Rar. Je vous informe de nouveau des faits suivants qui sont': ''Les heures travaillées non déclarées et non rémunérées, soit environ 25'h pendant le confinement et en chômage partiel. Ainsi que mes déplacement
- Salaire / rémunération
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rme de nouveau des faits suivants qui sont': ''Les heures travaillées non déclarées et non rémunérées, soit environ 25'h pendant le confinement et en chômage partiel. Ainsi que mes déplacements pour aller au travail avec une perte sur mon salaire qui est normalement de 1'345'€ nets. Pour le mois de mars j'ai touché 1'245'€ nets. Pour le mois d'avril 1'198'€ nets. ''Vous m'avez faite venir plusieurs fois des journées 6 à 7'h. Mais également pour 2 à 3'h. Je vous rappelle que j'ai pratiquement 2'h de route aller-retour. ''Je vous demandais
u covid 19, s'il ne fallait que soit en maladie et non au chômage partiel, dû à mes enfants qui n'étaient pas scolarisés et de mon fils handicapé qui n'était pas en structure de soins pendant la crise du covid 19. La prise en charge de mon salaire aurait été différente. Dans les faits où vous m'avez demandé de venir j'ai dû m'organiser pour mes enfants. Vous m'avez mis moi et ma famille dans une situation délicate. Je n'étais pas rassurée ayant moi-même la reconnaissance travailleur handicapé pour des problèmes aux poumons. Pour finir la de
isent par le gouvernement, nous avons été obligés de fermer notre établissement durant la période de confinement, et ce en conformité avec les lois en vigueur. Nous vous avons mise au chômage partiel afin de maintenir le versement de votre salaire. Le 11 mai 2020 le déconfinement a été prononcé et nous avons rouvert l'entreprise. Or vous ne vous êtes pas présenté à votre poste malgré que votre présence fût souhaitable afin de permettre la bonne marche et la bonne reprise de notre activité. Le 20 mai, vous avez émis, par courrier, le souhait
- Congés payés
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mmages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse'; 1'300'€ bruts à titre d'indemnité compensatrice de préavis': '''300'€ au titre de l'indemnité de licenciement'; '''130'€ bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés'; 2'500'€ à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral'; 1'500'€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile'; débouté la salariée du surplus de ses demandes'; débouté l'employeur de sa demande reconventionnelle'; condamné l'employeur aux entiers dépens. [5] Le jugement
-à-dire prévue par le contrat de travail. Cette indemnité est versée par l'employeur. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 300'€ au titre de l'indemnité de licenciement. Sur l'indemnité compensatrice de congés payés Lorsque le salarié n'a pas pu bénéficier de la totalité des congés payés auxquels il avait droit à la rupture du contrat de travail, il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés. Cette indemnité est due que l'origine de la rupture du contrat soit à l'initiative de l'employeur ou à celle d
'employeur. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la somme de 300'€ au titre de l'indemnité de licenciement. Sur l'indemnité compensatrice de congés payés Lorsque le salarié n'a pas pu bénéficier de la totalité des congés payés auxquels il avait droit à la rupture du contrat de travail, il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés. Cette indemnité est due que l'origine de la rupture du contrat soit à l'initiative de l'employeur ou à celle du salarié. En conséquence, le conseil condamne la société [1] à verser la
- Handicap / aménagement
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on salaire aurait été différente. Dans les faits où vous m'avez demandé de venir j'ai dû m'organiser pour mes enfants. Vous m'avez mis moi et ma famille dans une situation délicate. Je n'étais pas rassurée ayant moi-même la reconnaissance travailleur handicapé pour des problèmes aux poumons. Pour finir la dernière foi que je suis venue je n'ai pas apprécié du tout la réaction qui a été exprimé «'on ne t'a pas vu pendant ces deux mois'». Alors que j'en ai la preuve écrite et formelle que je me suis rendue dans l'entreprise. Vous avez mis en cause mon prof
on salaire aurait été différente. Dans les faits où vous m'avez demandé de venir j'ai dû m'organiser pour mes enfants. Vous m'avez mis moi et ma famille dans une situation délicate. Je n'étais pas rassurée ayant moi-même la reconnaissance travailleur handicapé pour des problèmes aux poumons. Pour finir la dernière foi que je suis venue je n'ai pas apprécié du tout la réaction qui a été exprimé «'on ne t'a pas vu pendant ces deux mois'». Alors que j'en ai la preuve écrite et formelle que je me suis rendue dans l'entreprise. Vous avez mis en cause mon prof
- Procédure prud'homale
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Copie exécutoire délivrée le : 23/09/2026 à : - Me Elie MUSACCHIA, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE - Me Laure ATIAS, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE Décision déférée à la Cour : Jugement du Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de DRAGUIGNAN en date du 02 Février 2023 enregistré au répertoire général sous le n° F 20/00192. APPELANTE S.A.S. [1], sise [Adresse 1] représentée par Me Elie MUSACCHIA, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE et par Me Manon FILIPPI, avocat au barreau de MARSEILLE,
ctuelles / conventionnelles] de l'entreprise SAS [1]. Cette rupture prendra effet à la date de la première présentation du présent recommandé avec AR. L'effet de la rupture sera immédiat et sera suivi d'une assignation de SAS [1] devant le conseil de prud'hommes afin d'obtenir le respect de mes droits et la réparation financière du préjudice subi. Je vous demanderai de bien vouloir me transmettre par courrier un reçu pour solde de tout compte, un certificat de travail ainsi qu'une attestation Pôle Emploi. Merci de ne plus me contacter, mon avocat prendra
ettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 novembre 2020 le conseil de prud'hommes de Draguignan, section commerce, lequel, par jugement rendu le 2'février'2023, a': condamné l'employeur à verser à la salariée les sommes suivantes': 3'900'€ à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse'; 1'300'€ bruts à titre d'indemnité compensatrice de pré
Mentions dans le texte
- Faute grave
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ire et constructives et ainsi clarifier les faits qui vous sont reprochés. De tel agissement entraînant des dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous sommes dans l'obligation de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le so
ent entraînant des dysfonctionnements au sein de notre entreprise, nous sommes dans l'obligation de le sanctionner. Une telle attitude caractérise une faute grave. En conséquence, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour faute grave. Ce licenciement prend effet immédiatement, dès l'envoi de la présente lettre, sans préavis ni indemnité. Nous vous adresserons par pli séparé votre certificat de travail, votre attestation Pôle Emploi et le solde de votre compte.'» [4] Contestant son licenciement, Mme [L] [E] a saisi le 27 nove
r de': à titre principal, réparer l'omission de statuer des premiers juges en ce qu'il n'a pas été statué sur le moyen tiré de l'irrecevabilité de la saisine par la salariée de la juridiction prud'homale'; dire que le licenciement pour faute grave notifié le 30 juin 2020 après notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail par la salariée le 29 mai 2020 est sans effet'; dire que la rupture du contrat de travail repose sur la notification de la prise d'acte de rupture du contrat de travail aux torts exclusifs de l'employeur
- Inaptitude / reclassement
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retient que la prise d'acte de la rupture par la salariée en raison de faits qu'elle reproche à son employeur entraîne la cessation immédiate du contrat de travail, qu'il s'ensuit qu'elle ne peut être rétractée et que le licenciement pour inaptitude, notifié postérieurement, est non avenu (Soc., 21 novembre 2012, 10-26.611). En l'espèce, l'employeur rapporte la preuve qu'il a bien reçu la lettre recommandée de prise d'acte et que cette dernière a été expédiée le 29 mai 2020 à 13h40, alors que la lettre de licenciement a été expédiée un mois pl
- Accord collectif / convention collective
Voir le contexte
mnité de licenciement est accordée, sous certaines conditions, au salarié en CDI pour compenser la perte de son emploi. Elle peut être d'origine :[Y], c'est-à-dire prévue par le code du travail'; Conventionnelle, c'est-à-dire prévue par un accord collectif. Convention collective, accord collectif, accord de branche, d'entreprise ou d'établissement applicables en droit du travail. Elles fixent les obligations et les droits de l'employeur et du salarié. Contractuelle, c'est-à-dire prévue par le contrat de travail. Cette indemnité est versée par l'emplo
certaines conditions, au salarié en CDI pour compenser la perte de son emploi. Elle peut être d'origine :[Y], c'est-à-dire prévue par le code du travail'; Conventionnelle, c'est-à-dire prévue par un accord collectif. Convention collective, accord collectif, accord de branche, d'entreprise ou d'établissement applicables en droit du travail. Elles fixent les obligations et les droits de l'employeur et du salarié. Contractuelle, c'est-à-dire prévue par le contrat de travail. Cette indemnité est versée par l'employeur. En conséquence, le conseil condamn
ous l'enseigne [2], a embauché Mme [L] [E] en qualité de monteur vendeur en optique suivant contrat de travail à durée indéterminée à effet au 2'décembre 2019. Les relations contractuelles des parties sont régies par les dispositions de la convention collective nationale de l'optique. [2] La salariée a pris acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur en ces termes selon une lettre recommandée datée du 29 mai 2020 que ce dernier produit en original': «'Objet': Notification de la prise d'acte de la rupture de mon contrat de travail
Identifiants documentaires
- Jugement déféré
- Conseil de prud'hommes de Draguignan · 2 février 2023
- Identifiant source
- 6abd1d4ac27382d09929951d
