Cour de cassation · Arrêt

Chambre sociale — pourvoi n° 96-41.062

Arrêt du 26 mai 1998Pourvoi n° 96-41.062

Publié au BulletinLicenciementCause réelle et sérieuseFaute grave
Solution
Cassation
Publication
Publié au Bulletin

Repère documentaire

Synthèse de la décision

  • Faits: Qu'en statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses propres énonciations que le salarié soutenait devant elle que le véritable motif du licenciement était la fermeture de l'agence de Paris de la société et était donc exclusivement de nature économique, la cour d'appel, qui s'est abstenue de vérifier la cause exacte du licenciement, a méconnu l'étendue de ses pouvoirs et a violé le texte susvisé.
  • Solution: CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 26 octobre 1995, entre les parties, par la cour d'appel de Paris; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles.
  • Portée: Méconnaît l'étendue de ses pouvoirs et viole l'article L. 122-14-3 du Code du travail, la cour d'appel qui, pour débouter un salarié de ses demandes consécutives à la rupture du contrat de travail, énonce qu'il résulte de la lettre de rupture que le salarié a été licencié pour faute grave et s'abstient de vérifier la cause exacte du licenciement, alors qu'il résultait de ses propres énonciations que le salarié soutenait devant elle que le véritable motif du licenciement était la fermeture de l'agence de Paris de la société et était donc exclusivement de nature économique.

Procédure

Chronologie du litige

Dates présentes dans les données de la décision
  1. Licenciement faits
  2. Arrêt de cassation Cour de cassation

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Document officiel

Texte intégral

7 paragraphes affichés intégralement — le texte officiel prévaut sur les enrichissements documentaires.

Sur le moyen unique :

Vu l'article L. 122-14-3 du Code du travail ;

Attendu que M. Y... a été engagé par la société Incom, à compter du 9 juillet 1990, en qualité de directeur de l'agence de Paris de cette société ; qu'il a été licencié pour faute grave le 2 mai 1991 ;

Attendu que, pour débouter M. Y... de ses demandes consécutives à la rupture du contrat de travail, la cour d'appel énonce qu'il résulte de la lettre de rupture que le salarié a été licencié pour faute grave et que l'employeur lui reproche des résultats commerciaux catastrophiques, une démarche commerciale inadaptée et insuffisante, l'inobservation de ses obligations de directeur d'agence, la rétention d'informations et une manoeuvre de chantage en tentant d'obtenir le versement d'une somme d'argent importante en échange d'informations appartenant à la société, qu'il ressort des documents régulièrement versés aux débats par l'employeur que M. Y... a réalisé 23 % des objectifs qui lui étaient fixés au bout de 6 mois et 22 % de ceux qui lui étaient fixés sur 12 mois, qu'il ne peut être contesté que quarante sociétés ont été contactées pendant la durée de la collaboration de M. Y... et que ces sociétés n'ont pas reçu une information suffisante et complète sur les activités de la société Incom, que l'employeur établit par une note interne datée du 30 avril 1991 rédigée par M. X... mandaté par la société pour se rendre dans les locaux de l'agence de Paris pour effectuer un transfert d'informations commerciales entre M. Y... et lui-même que le salarié a refusé de commenter ces informations et de transmettre les dossiers commerciaux, que le comportement de M. Y... à l'égard de son employeur tel qu'il résulte de ces différents éléments constitue une faute grave justifiant un licenciement immédiat ;

Qu'en statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses propres énonciations que le salarié soutenait devant elle que le véritable motif du licenciement était la fermeture de l'agence de Paris de la société et était donc exclusivement de nature économique, la cour d'appel, qui s'est abstenue de vérifier la cause exacte du licenciement, a méconnu l'étendue de ses pouvoirs et a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 26 octobre 1995, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles.

Références

Éléments reliés à la décision

Articles, conventions, thèmes et source

Thèmes déterminants

Publié au BulletinCassationLicenciementCause réelle et sérieuseFaute graveContrat de travail

Identifiants et source

Identifiant source
6079b1919ba5988459c52922

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Méthode et périmètre

Origine, traitement et correction

Source documentaire : Judilibre — corpus DILA — identifiant 6079b1919ba5988459c52922.

Dernière date de mise à jour fournie par la source : 26 mai 1998.

Le texte et ses métadonnées de source sont conservés séparément des thèmes, références, montants et synthèses produits automatiquement par prudhommes.org.

Sauf mention expresse d'une relecture, la synthèse est un repère documentaire automatique. Le texte intégral prévaut et toute erreur peut être signalée pour correction.