Cour de cassation · Arrêt

Chambre sociale — pourvoi n° 17-15.058

Arrêt du 31 janvier 2018Pourvoi n° 17-15.058

Non publiéContrat de travailRequalificationProcédure prud'homale
Solution
Rejette la demande ou le recours
Publication
Non publié
ECLI
ECLI:FR:CCASS:2018:SO00147

Repère documentaire

Synthèse de la décision

  • Faits: ALORS QUE, comme l'a rappelé le conseil de prud'hommes lui-même, la requalification du contrat de travail à durée déterminée non signé ne peut être repoussée que si le salarié a fait preuve de mauvaise foi ou d'une intention frauduleuse; que pour autant, ni les premiers juges, ni les juges d'appel n'ont caractérisé la mauvaise foi de Monsieur Y. ou son intention frauduleuse; que la Cour d'appel a donc privé sa décision de base légale au regard de l'article L 1242-12 du code du travail.
  • Contexte: Le pourvoi vise l'arrêt rendu le 18 janvier 2016 par la cour d'appel de Paris (pôle 6, chambre 8), dans le litige l'opposant à la société TFN propreté Ile-de-France, société par actions simplifiée, dont le siège est [.].
  • Solution : Rejette la demande ou le recours.

Procédure

Chronologie du litige

Jalons datés et vérifiables détectés dans la décision
  1. Saisine prud'homale prudhommes
  2. Arrêt de cassation Cour de cassation

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Document officiel

Texte intégral

34 paragraphes affichés intégralement — le texte officiel prévaut sur les enrichissements documentaires.

SOC.

CH.B

COUR DE CASSATION ______________________

Audience publique du 31 janvier 2018

Rejet

Mme GOASGUEN, conseiller doyen faisant fonction de président

Arrêt n° 147 F-D

Pourvoi n° U 17-15.058

Aide juridictionnelle totale en demande au profit de M. Mustapha Y.... Admission du bureau d'aide juridictionnelle près la Cour de cassation en date du 23 février 2017.

R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E

_________________________

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Statuant sur le pourvoi formé par M. Mustapha Y..., domicilié chez Mme Fofana A... [...] ,

contre l'arrêt rendu le 18 janvier 2016 par la cour d'appel de Paris (pôle 6, chambre 8), dans le litige l'opposant à la société TFN propreté Ile-de-France, société par actions simplifiée, dont le siège est [...] ,

défenderesse à la cassation ;

Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;

Vu la communication faite au procureur général ;

LA COUR, en l'audience publique du 20 décembre 2017, où étaient présents : Mme Goasguen, conseiller doyen faisant fonction de président, M. Belfanti, conseiller référendaire rapporteur, Mme Aubert-Monpeyssen, conseiller, Mme Lavigne, greffier de chambre ;

Sur le rapport de M. Belfanti, conseiller référendaire, les observations de la SCP de Nervo et Poupet, avocat de M. Y..., de la SCP Lyon-Caen et Thiriez, avocat de la société TFN propreté Ile-de-France, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 18 janvier 2016), que M. Y... a été engagé par la société TFN propreté Ile-de-France en qualité d'agent de service par contrats à durée déterminée à temps partiel du 1er juin au 22 juillet et du 22 juillet au 17 septembre 2012 ; qu'estimant que ses contrats de travail ne répondaient pas aux exigences légales, le salarié a saisi la juridiction prud'homale le 7 août 2012 ;

Attendu que le salarié fait grief à l'arrêt de le débouter de sa demande en requalification de ses contrats de travail à durée déterminée en contrat à durée indéterminée, alors, selon le moyen, que comme l'a rappelé le conseil de prud'hommes lui-même, la requalification du contrat de travail à durée déterminée non signé ne peut être repoussée que si le salarié a fait preuve de mauvaise foi ou d'une intention frauduleuse ; que pour autant, ni les premiers juges, ni les juges d'appel n'ont caractérisé la mauvaise foi de M. Y... ou son intention frauduleuse ; que la cour d'appel a donc privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 1242-12 du code du travail ;

Mais attendu qu'appréciant souverainement les éléments de faits et de preuve qui lui étaient soumis, la cour d'appel a relevé que c'est à bon droit que les premiers juges ont rappelé que le salarié avait délibérément refusé de signer ses contrats de travail de sorte qu'il ne pouvait pas se prévaloir des prescriptions d'ordre public ayant pour effet d'entraîner la requalification en contrat à durée indéterminée ; qu'ayant ainsi caractérisé la mauvaise foi du salarié, elle a légalement justifié sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne M. Y... aux dépens ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, signé et prononcé par le président et Mme Aubert-Monpeyssen, conseiller le plus ancien en ayant délibéré conformément aux dispositions des articles 452 et 1021 du code de procédure civile, en remplacement du conseiller référendaire rapporteur empêché, en son audience publique du trente et un janvier deux mille dix-huit. MOYEN ANNEXE au présent arrêt.

Moyen produit par la SCP de Nervo et Poupet, avocat aux Conseils, pour M. Y....

Le moyen reproche à l'arrêt attaqué

D'AVOIR débouté Monsieur Y... de sa demande de requalification des contrats de travail à durée déterminée en contrats de travail à durée indéterminée

AUX MOTIFS QU'aucun des deux contrats de travail à durée déterminée n'avait été signé par Monsieur Y... ; que deux salariés de l'entreprise attestaient que ce dernier avait, en juin 2012, refusé de signer le contrat de travail à durée déterminée qui lui était soumis ; que les premiers juges avaient rappelé à bon droit que, dès lors que Monsieur Y... avait refusé de signer les contrats de travail, il ne pouvait pas se prévaloir des prescriptions d'ordre public ayant pour effet d'entraîner la requalification en contrat à durée indéterminée ;

ET AUX MOTIFS, repris des premiers juges, QUE Monsieur Y... avait délibérément refusé de signer ses contrats de travail ; que, selon une jurisprudence constante, la requalification ne pouvait être prononcée si le salarié avait délibérément refusé de signer le contrat, de mauvaise foi ou dans une intention frauduleuse ;

ALORS QUE, comme l'a rappelé le conseil de prud'hommes lui-même, la requalification du contrat de travail à durée déterminée non signé ne peut être repoussée que si le salarié a fait preuve de mauvaise foi ou d'une intention frauduleuse ; que pour autant, ni les premiers juges, ni les juges d'appel n'ont caractérisé la mauvaise foi de Monsieur Y... ou son intention frauduleuse ; que la Cour d'appel a donc privé sa décision de base légale au regard de l'article L 1242-12 du code du travail.

Références

Éléments reliés à la décision

Articles, conventions, thèmes et source

Thèmes déterminants

Non publiéRejetContrat de travailRequalificationProcédure prud'homale

Identifiants et source

ECLI
ECLI:FR:CCASS:2018:SO00147
Identifiant source
5fca9d078aa6eb92b86bca72
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Méthode et périmètre

Origine, traitement et correction

Source documentaire : Judilibre — corpus JURINET — identifiant 5fca9d078aa6eb92b86bca72.

Dernière date de mise à jour fournie par la source : 31 janvier 2018.

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