Cour de cassation · Arrêt

Chambre sociale — pourvoi n° 78-40.392

Arrêt du 19 mars 1981Pourvoi n° 78-40.392

Publié au BulletinDémissionContrat de travail
Solution
Cassation
Publication
Publié au Bulletin

Repère documentaire

Synthèse de la décision

  • Faits: ATTENDU QUE POUR DECIDER QUE GUILBAUD, SALARIE DE LA MANUFACTURE FRANCAISE DES PNEUMATIQUES MICHELIN, N'AVAIT PAS DEMISS IONNE LE 10 FEVRIER 1977, BIEN QU'APRES AVOIR DEMANDE EN VAIN DE CHANGER D'UN POSTE AUQUEL IL NE VOULAIT PAS RESTER, IL EUT SIGNE A CETTE DATE UNE LETTRE DE DEMISSION ET RECU SON COMPTE, L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A RELEVE QU'IL S'ETAIT BORNE A APPOSER SA SIGNATURE SUR UN DOCUMENT POLYCOPIE, EN PRESENCE DE TROIS RESPONSABLES DE L'ENTREPRISE, DONC EN POSITION D'INFERIORITE ET QU'IL AVAIT LE JOUR MEME REDIGE ET ENVOYE UNE LETTRE DE RETRACTATION.
  • Solution: ET SANS QU'IL SOIT BESOIN DE STATUER SUR LE SECOND MOYEN: CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 18 JANVIER 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE POITIERS.
  • Portée: Les juges du fond ne peuvent décider qu'un salarié n'avait pas démissionné au motif qu'il s'était borné à signer une document polycopié en présence de responsable de l'entreprise, donc en position d'infériorité, qu'il avait envoyé le même jour une lettre de rétractation, et que sa volonté de démissionner, ainsi contredite par son comportement ultérieur, avait été exprimée avec ambiguïté, alors que la lettre de démission était sans équivoque, que sa rétractation dans un très court délai n'impliquait pas que sa volonté n'eût pas été clairement manifestée.

Procédure

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Document officiel

Texte intégral

6 paragraphes affichés intégralement — le texte officiel prévaut sur les enrichissements documentaires.

SUR LE PREMIER MOYEN :

VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL ET L'ARTICLE L 122-4 DU CODE DU TRAVAIL ;

ATTENDU QUE POUR DECIDER QUE GUILBAUD, SALARIE DE LA MANUFACTURE FRANCAISE DES PNEUMATIQUES MICHELIN, N'AVAIT PAS DEMISS IONNE LE 10 FEVRIER 1977, BIEN QU'APRES AVOIR DEMANDE EN VAIN DE CHANGER D'UN POSTE AUQUEL IL NE VOULAIT PAS RESTER, IL EUT SIGNE A CETTE DATE UNE LETTRE DE DEMISSION ET RECU SON COMPTE, L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A RELEVE QU'IL S'ETAIT BORNE A APPOSER SA SIGNATURE SUR UN DOCUMENT POLYCOPIE, EN PRESENCE DE TROIS RESPONSABLES DE L'ENTREPRISE, DONC EN POSITION D'INFERIORITE ET QU'IL AVAIT LE JOUR MEME REDIGE ET ENVOYE UNE LETTRE DE RETRACTATION; QUE SA VOLONTE DE DEMISSIONNER, AINSI CONTREDITE PAR SON COMPORTEMENT ULTERIEUR, AVAIT ETE EXPRIMEE AVEC AMBIGUITE ;

ATTENDU CEPENDANT QUE LA LETTRE DE DEMISSION DE GUILBAUD ETAIT SANS EQUIVOQUE ET NE POUVAIT DONNER LIEU A AUCUNE INTERPRETATION ; QUE SA RETRACTATION DANS UN TRES COURT DELAI N'IMPLIQUAIT PAS QUE SA VOLONTE N'EUT PAS ETE CLAIREMENT MANIFESTEE ; QUE LES JUGES DU FOND, QUI ONT DENATURE LADITE LETTRE ET N'ONT PAS CONSTATE QUE SON CONSENTEMENT EUT ETE VICIE DU FAIT DES CONDI TIONS DANS LESQUELLES CE DOCUMENT AVAIT ETE SIGNE, ONT VIOLE LES TEXTES SUSVISES ;

PAR CES MOTIFS ET SANS QU'IL SOIT BESOIN DE STATUER SUR LE SECOND MOYEN :

CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 18 JANVIER 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE POITIERS ; REMET EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE LIMOGES.

Références

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Identifiants et source

Identifiant source
6079b0c29ba5988459c50064

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Méthode et périmètre

Origine, traitement et correction

Source documentaire : Judilibre — corpus DILA — identifiant 6079b0c29ba5988459c50064.

Dernière date de mise à jour fournie par la source : 19 mars 1981.

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Sauf mention expresse d'une relecture, la synthèse est un repère documentaire automatique. Le texte intégral prévaut et toute erreur peut être signalée pour correction.