Cour de cassation · Arrêt

Chambre sociale — pourvoi n° 89-43.658

Arrêt du 17 février 1993Pourvoi n° 89-43.658

Publié au BulletinPréavis / indemnités de ruptureDémissionContrat de travail
Solution
Rejette la demande ou le recours
Publication
Publié au Bulletin

Repère documentaire

Synthèse de la décision

  • Une clause de non-concurrence assortie d'une indemnité compensatrice étant instituée non seulement dans l'intérêt de l'employeur mais également dans celui du salarié, l'employeur ne peut renoncer unilatéralement à son exécution.
  • Solution : Rejette la demande ou le recours.

Procédure

Chronologie du litige

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Document officiel

Texte intégral

6 paragraphes affichés intégralement — le texte officiel prévaut sur les enrichissements documentaires.

Sur les deux moyens réunis :

Attendu que, selon le jugement attaqué (conseil de prud'hommes de Montpellier, 24 mai 1989) et la procédure, M. X... a été engagé en qualité de " vendeur-responsable " par la société Promo cuisine à compter du 1er mars 1986 ; que le contrat de travail comportait une clause de non-concurrence ; qu'il y était prévu qu'en contrepartie de la clause, le salarié percevrait une indemnité compensatrice égale à un mois de salaire ; que M. X... a donné sa démission avec effet au 30 septembre 1988 ; que la société a renoncé au bénéfice de la clause de non-concurrence ; que, prétendant que la renonciation était irrégulière, M. X... a saisi la juridiction prud'homale aux fins de condamnation de la société au paiement de l'indemnité compensatrice ;

Attendu qu'il est fait grief au jugement attaqué d'avoir condamné la société Promo cuisine à payer à M. X... une somme au titre de la clause de non-concurrence, alors, selon les moyens, que, d'une part, les articles 455 et 458 du nouveau Code de procédure civile prévoient que le jugement doit être motivé à peine de nullité ; que le défaut de réponse aux conclusions de la part du conseil de prud'hommes est flagrant, puisqu'il a seulement précisé que, dans le contrat initial, ne figurait aucune possibilité de renonciation à la clause de non-concurrence, ni par l'une des parties ni par l'autre, sans répondre à l'argumentation développée dans les écritures de la société, selon laquelle il n'était nul besoin que cette faculté de renonciation soit précisée ; alors que, d'autre part, la société avait parfaitement rempli ses obligations en décidant de renoncer au bénéfice de la clause de non-concurrence, de façon expresse, avant le 30 septembre 1988, date du départ du salarié de l'entreprise ; qu'il résulte de la jurisprudence que l'employeur peut, à la fin du contrat, renoncer à se prévaloir de la clause de non-concurrence ; que cette renonciation unilatérale reste possible, même si la clause prévoyait une contrepartie pécuniaire au profit du salarié, dans la mesure où, comme en l'espèce, la clause n'en demeure pas moins stipulée au profit du seul employeur ;

Mais attendu que, d'une part, le conseil de prud'hommes, qui a motivé sa décision, a relevé que le contrat de travail ne prévoyait aucune possibilité de renonciation à la clause de non-concurrence ; que, d'autre part, cette clause était instituée, non seulement dans l'intérêt de l'employeur, mais également dans celui du salarié qui, d'après les énonciations du jugement attaqué, recevait, en application du contrat, une contrepartie financière ; que c'est donc à bon droit que le conseil de prud'hommes a décidé que l'employeur ne pouvait renoncer unilatéralement à l'exécution de la clause ; que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi.

Références

Éléments reliés à la décision

Articles, conventions, thèmes et source

Articles et conventions cités

  • Aucune référence structurée détectée.

Thèmes déterminants

Publié au BulletinRejetPréavis / indemnités de ruptureDémissionContrat de travailClause de non-concurrenceSalaire / rémunérationProcédure prud'homale

Identifiants et source

Identifiant source
6079b1639ba5988459c52023

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Méthode et périmètre

Origine, traitement et correction

Source documentaire : Judilibre — corpus DILA — identifiant 6079b1639ba5988459c52023.

Dernière date de mise à jour fournie par la source : 17 février 1993.

Le texte et ses métadonnées de source sont conservés séparément des thèmes, références, montants et synthèses produits automatiquement par prudhommes.org.

Sauf mention expresse d'une relecture, la synthèse est un repère documentaire automatique. Le texte intégral prévaut et toute erreur peut être signalée pour correction.